L’oasis autonome des savoirs botaniques

Qu’est-ce qu’une Botan’île ?

Rien de plus simple : la Botan’île est une jardinière entièrement démontable et remontable, sans outils, qui permet d’exposer des plantes patrimoniales locales ! Grâce à un système ingénieux de fixation, il est très facile d’y installer des plantes et des éléments interactifs comme des QR code, qui redirigent vers des contenus et des enquêtes originales, réalisées sur mesure.
La Botan’île s’adapte en intérieur et en extérieur, grâce à un système d’éclairage et d’arrosage réglable.
En plus, c’est un objet didactique et pédagogique : grâce aux QR code et aux surprises installées sur chaque Botan’île, vous contribuez aux connaissances sur les plantes sauvages et cultivées, tout en apprenant !

Pourquoi installer des Botan’îles ?

Les enjeux du 21ème siècle sont multiples et de nombreux défis nous attendent pour préserver la biodiversité. Nous sommes persuadés que le meilleur moyen de les relever, c’est d’informer et d’encourager à l’action, par les moyens les plus originaux possibles. Protéger la biodiversité passe donc en partie par le fait de lutter contre les disparitions des savoirs et des traditions, c’est pourquoi nous nous servons de nos recherches historiques et scientifiques pour concevoir des contenus pédagogiques sur mesure.
Nous avons conceptualisé ces îlots botaniques pour partager au plus grand nombre des histoires de plantes oubliées, symboliques, utiles ou insolites !

A vous de jouer !

Seul ou en famille, pour découvrir les secrets de la Botan’île et nous aider à partager ces savoirs, il ne vous reste plus qu’à dégainer votre téléphone et à scanner les QR code !

Les plantes de la Botan’île !

Dans notre Botan’île de Pâques, nous vous proposons de découvrir l’importance patrimoniale certaines plantes, plus ou moins connues en Alsace. Alimentaires, aromatiques ou médicinales, on n’a pas l’habitude de les voir en ville, et encore moins en intérieur. C’est pour cela que nous les avons ramenées au Shadok, du 15 mai au 30 juin ! Voici celles que vous pouvez observer en ce moment :

Le saviez-vous : Les botanistes classent les plantes selon leur ressemblance et les organisent en grandes “boîtes” de proximité. Ainsi toutes les plantes du monde sont réparties en “Embranchements” puis en “Familles”. Viennent ensuite le “Genre” et l'”Espèce”, qui forment à eux deux le nom scientifique de la plante. Exemple : La “pâquerette” que vous connaissez bien s’appelle “Bellis perennis” pour les botanistes du monde entier. Elle fait partie de la famille des Asteracées.

Le Pissenlit (Taraxacum sp.)

Le pissenlit est assez facile à reconnaître avec ses feuilles dentées, comme les dents d’un lion (ce qui lui a valu son nom anglais ‘Dandlelion’. Son nom commun “Pisse-en-lit” ne vient pas de nulle part : la plante est considérée comme diurétique, elle fait faire pipi ! Toute la plante est comestible : la racine sert à faire un succédané de café, les feuilles se mangent cuites ou en salade, et des fleurs on fait une confiture dans les régions du Jura, appelée “Cramaillotte”. Si vous regardez les fleurs de plus près, vous découvrirez qu’il s’agit en fait d’un regroupement de fleurs sur un ‘capitule’. Cette caractéristique aide les botanistes à classer la plante dans la famille des Asteracées. Comme la pâquerette d’ailleurs, que vous connaissez bien !


Le thym commun (Thymus vulgaris)

Le thym est une plante que vous connaissez sûrement très bien, au moins pour la cuisine ! D’origine méditerranéenne, elle contient des molécules odorantes, aromatiques, volatiles. Faites l’expérience vous-même : passez la main dans les feuilles, et sentez-la ! Nous en avons certaines espèces en Alsace, comme le thym serpolet qui pousse en montagne, sur les zones bien ensoleillées.
C’est une caractéristique de la famille des Lamiacées, donc beaucoup de plantes sont aromatiques. On trouve dans cette famille la menthe, la mélisse, le basilic, le romarin… bref, tout ce qui est susceptible d’atterrir dans vos infusions ou vos petits plats estivaux !


La pimprenelle (Sanguisorba minor)

Cette petite plante fait partie de la même famille que… les roses ! Les Rosacées.
La pimprenelle est plutôt une plante sauvage que cultivée, mais elle est mentionnée dans un ancien codex du Moyen-Age. Le Codex Guta Sintram en 1154, véritable calendrier diététique de l’époque recommande : “Au mois d’avril : bois de la bétoine et de la pimprenelle”.
L’un de ses noms, “sanguisorbe” vient de la couleur rouge de sa tige. Du latin sanguis (sang) et sorbeo (absorber), elle est réputée pour “étancher le sang”, en allusion à ses propriétés hémostatiques et cicatrisantes.


Le Noisetier (Corylus avellana)

Ce que vous voyez tout à gauche de la Botan’île n’est ni plus ni moins qu’un tout petit noisetier. Hé oui, car même les grands arbres doivent commencer par être petits !

En plus de faire des noisettes, cet arbre est particulièrement important dans la tradition alsacienne. On utilise ses branches, très souples, dans les bouquets traditionnels de Pâques : les rameaux de Pàlme. Il symbolise le renouveau de la nature, et les familles le faisaient bénir à l’église. C’est pour cela qu’on trouve encore parfois des branches de noisetier chez les fleuristes à Pâques pour accrocher les oeufs. Une fois que le bouquet était confectionné, on le gardait toute l’année comme protection de la maison… on en réduisait même un peu en poudre avec du sel pour soigner le bétail malade.

Le Persil (Petroselinum crispum)

En Alsace, on faisait autrefois au printemps, le jour du jeudi Saint, un repas à base de 7 plantes ou 9 vertes : le Sewerkrittermües ; ou le Ninkrittermües – Ce plat apparaît dans la tradition populaire au cours du XIIe siècle. On y met du chou, des épinards, du persil, du poireau, du pissenlit, de l’ail sauvage, de la mâche, de l’herbe aux goutteux (égopode), du lierre terrestre, de l’oseille, du cresson, du groseillier à maquereaux, du sureau, et des orties ! Un véritable concentré de vitamine C après un rude hiver.
De la famille des Apiacées (comme la carotte), le persil est recommandé en culture dès le 8ème siècle par Charlemagne, dans son capitullaire de Villis. Cet aromate est très répandu dans les jardins !


Le lierre terrestre (Glechoma hederaceae)

Cette plante fait aussi partie de la recette de la soupe traditionnelle alsacienne de printemps. Elle pousse partout en Alsace et fleurit au printemps et en automne. Ses fleurs en forme de lèvres permettent aux botanistes de la classer dans la famille des Lamiacées. Son arôme particulier (touchez si vous n’êtes pas convaincus !) la rend intéressante pour confectionner des desserts, en petite quantité.
Elle fait partie de notre pharmacopée française, puisqu’elle est indiquée en sirop par exemple pour les maux de gorge ! Les plantes de cette famille sont très étudiées pour leurs propriétés médicinales.


Le chou (Brassica oleracea)

Dans la Botan’île, vous pouvez voir des choux et du chou frisé (dans le bac de droite). Vous connaissez bien cette plante parce qu’on la met dans la choucroute en Alsace, mais saviez-vous que le chou-rave, le chou-kale, le broccoli, le chou de Bruxelles, ou encore le chou fleur étaient tous des variétés sélectionnées de la même espèce de plante ?! Hé oui, comme le chien et le loup, votre chou a été domestiqué à partir d’une espèce sauvage ! Il fait partie de la famille des Brassicacées.
Saviez-vous que le chou a été utilisé en cataplasme pendant des centaines d’années, pour lutter contre les douleurs d’arthrose ? Nous sommes actuellement entrain d’étudier la composition de cette plante pour mieux comprendre son mode d’action en cataplasme !

Une Botan’île à la maison ?

Si vous souhaitez développer une Botan’île thématique chez vous ou dans un lieu public de votre collectivité, n’hésitez pas à nous écrire ! La responsable de l’initiative est Eléa Héberlé, joignable sur l’email elea.heberle(a)benephyt.fr